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Acheter à Marrakech depuis l’étranger : le détail qui peut tout changer lors de la revente

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Lorsqu’un acheteur résidant à l’étranger acquiert une villa, un appartement ou un riad à Marrakech, son attention se porte naturellement sur le bien, son emplacement, son prix et sa situation juridique.

Il existe pourtant un autre point, beaucoup moins visible au moment de l’achat, qui peut devenir essentiel plusieurs années plus tard : la manière dont l’argent est entré au Maroc.

Un investissement immobilier financé depuis l’étranger doit être réglé par un circuit bancaire identifiable et accompagné de justificatifs précis. Cette traçabilité permet à l’acquéreur de bénéficier du régime de convertibilité prévu par la réglementation marocaine.

En termes simples, elle lui permet de transférer à l’étranger les revenus générés par son investissement ainsi que le produit d’une future revente, après paiement des impôts et des frais dus au Maroc.

L’achat peut être parfaitement valable sur le plan juridique sans que son financement ait été correctement documenté au regard de la réglementation des changes. C’est précisément là que commencent les difficultés.

Un étranger peut investir dans l’immobilier au Maroc

La réglementation marocaine reconnaît l’acquisition d’un bien immobilier comme une forme d’investissement étranger.

Ce régime concerne les personnes physiques de nationalité étrangère, qu’elles soient résidentes ou non-résidentes au Maroc, ainsi que les Marocains résidant à l’étranger.

Il peut porter sur l’acquisition d’un immeuble, de droits rattachés à celui-ci ou sur le financement de travaux de construction et d’aménagement.

Pour les acquisitions résidentielles classiques à Marrakech — appartement, villa ou riad titré — un acheteur étranger peut donc devenir propriétaire dans des conditions proches de celles d’un acquéreur marocain.

Certaines catégories de terrains, notamment agricoles ou ruraux, sont soumises à des règles particulières. Leur acquisition doit faire l’objet d’une vérification spécifique avant tout engagement.

Le régime de convertibilité, la véritable protection de l’acheteur

Lorsqu’un investissement est financé en devises conformément à la réglementation, il bénéficie du régime de convertibilité.

Ce régime garantit à l’investisseur la possibilité de transférer hors du Maroc :

  • les revenus produits par son investissement ;
  • le produit net de la vente du bien ;
  • le produit de liquidation de l’investissement ;
  • les fonds revenant à ses héritiers non-résidents dans le cadre d’une succession.

Dans le cas d’un bien immobilier, cela signifie notamment qu’un propriétaire non-résident peut, sous réserve du règlement des impôts et taxes applicables, transférer le produit de la revente sur son compte bancaire à l’étranger.

Cette garantie ne dépend pas seulement de la nationalité du propriétaire. Elle dépend surtout de sa capacité à prouver que l’investissement initial a bien été financé par des devises transférées au Maroc dans les conditions prévues.

Comment transférer correctement le prix d’achat ?

Le circuit le plus sûr consiste généralement à transférer les fonds depuis le compte bancaire étranger de l’acquéreur vers le compte du notaire chargé de la vente.

Selon l’organisation retenue avec la banque et le notaire, les fonds peuvent également transiter par un compte en dirhams convertibles ouvert au nom de l’acquéreur.

L’intitulé du transfert doit permettre d’identifier clairement l’opération. Il est préférable de préciser qu’il s’agit du financement de l’acquisition d’un bien immobilier au Maroc, avec les références disponibles du dossier ou du compromis de vente.

L’acheteur doit conserver :

  • l’ordre de virement ;
  • l’avis de débit de son compte étranger ;
  • le message bancaire ou justificatif SWIFT ;
  • l’attestation de réception ou de cession des devises ;
  • les relevés du compte en dirhams convertibles, le cas échéant ;
  • les appels de fonds du notaire ;
  • le compromis et l’acte définitif de vente.

Ces documents ne doivent pas être considérés comme de simples justificatifs temporaires. Ils peuvent être demandés plusieurs années plus tard, lorsque le propriétaire souhaitera vendre son bien ou transférer ses revenus à l’étranger.

Le rôle du notaire ne remplace pas celui de la banque

Le notaire sécurise la transaction immobilière.

Il vérifie notamment l’identité des parties, le titre foncier, la situation hypothécaire du bien, les documents administratifs et le paiement des taxes liées à la vente. Il reçoit les fonds et procède à leur remise au vendeur lorsque les conditions sont réunies.

Mais le notaire ne remplace pas la banque dans la conservation des preuves de financement en devises.

Un acheteur ne devrait donc pas se contenter de demander si les fonds sont bien arrivés sur le compte de l’étude. Il doit également vérifier que la banque a correctement enregistré l’opération comme un investissement étranger.

L’attestation bancaire constitue ici un document central. Elle permet d’établir que les fonds ayant servi à l’acquisition proviennent bien de devises transférées depuis l’étranger ou d’un compte en dirhams convertibles.

Pourquoi cette preuve devient-elle importante lors de la revente ?

Lorsqu’un propriétaire non-résident revend son bien, sa banque marocaine doit examiner le dossier avant de transférer le produit de la vente à l’étranger.

Elle demandera notamment :

  • l’acte d’achat initial ;
  • l’acte de vente ;
  • les justificatifs du financement d’origine ;
  • les documents prouvant le paiement des impôts et taxes dus lors de la cession ;
  • les justificatifs de résidence à l’étranger lorsqu’ils sont nécessaires.

La banque doit pouvoir rapprocher le prix payé à l’origine, les devises transférées au Maroc et le bien aujourd’hui revendu.

Lorsque le dossier est complet, le produit net de cession peut être transféré conformément au régime de convertibilité.

La plus-value éventuelle peut également être transférée après règlement de la fiscalité applicable.

Un acquéreur qui a acheté un appartement pour 2 millions de dirhams et le revend quelques années plus tard pour 2,7 millions de dirhams n’est donc pas limité au seul remboursement de son investissement initial. Le transfert peut aussi inclure le gain réalisé, sous réserve du paiement des impôts et de la présentation des justificatifs demandés.

Que se passe-t-il lorsque les fonds ne sont pas correctement justifiés ?

L’absence de justificatifs ne rend pas automatiquement l’acte de propriété invalide.

L’acheteur reste propriétaire du bien dès lors que l’acquisition a été régulièrement réalisée et inscrite à la Conservation foncière.

Le problème apparaît au moment de sortir l’argent du Maroc.

Lorsque l’investissement ne bénéficie pas du régime de convertibilité, le produit de la vente ne peut pas nécessairement être transféré immédiatement et librement vers un compte étranger.

Pour un vendeur non-résident, les fonds peuvent alors devoir être placés sur un compte convertible à terme, selon les règles applicables à sa situation.

La différence est considérable.

Dans le premier cas, le propriétaire dispose d’un dossier d’investissement clair et peut demander le transfert du produit net de la vente.

Dans le second, il peut devoir effectuer des démarches supplémentaires, réunir d’anciens documents ou attendre les conditions permettant la conversion progressive des fonds.

Une économie ou une négligence au moment de l’achat peut ainsi créer un blocage plusieurs années plus tard.

Les erreurs les plus fréquentes

Envoyer directement l’argent au vendeur

Un acquéreur peut être tenté de verser un acompte ou une partie du prix directement sur le compte personnel du vendeur.

Cette pratique complique la traçabilité et réduit la protection offerte par le séquestre notarial.

Les fonds destinés à l’achat devraient suivre le circuit validé par le notaire et la banque, avec des références correspondant clairement à la transaction.

Utiliser plusieurs comptes sans conserver les preuves

Il est possible de financer un achat à partir de plusieurs comptes ou avec l’aide de plusieurs membres d’une famille.

Mais chaque transfert doit être expliqué et documenté.

Lorsque les fonds proviennent d’une personne différente de l’acquéreur, le notaire et la banque doivent être informés avant le virement. Une donation, un prêt familial ou un financement partagé ne se traite pas de la même manière qu’un virement effectué depuis le compte personnel de l’acheteur.

Apporter une somme importante en espèces

Le paiement en espèces crée des difficultés évidentes de preuve, de sécurité et de conformité.

La réglementation fiscale marocaine renforce par ailleurs la pénalisation des paiements immobiliers insuffisamment traçables depuis le 1er juillet 2026.

Pour un acheteur étranger, l’utilisation d’espèces est doublement problématique : elle peut avoir une conséquence fiscale au moment de l’achat et compliquer la justification de l’investissement lors de la revente.

Ne conserver que l’acte notarié

L’acte prouve que l’acquéreur est devenu propriétaire. Il ne prouve pas nécessairement l’origine étrangère des fonds.

Les documents bancaires doivent être conservés avec le même soin que le titre foncier et l’acte d’achat.

Sous-déclarer le prix réel

Déclarer dans l’acte un prix inférieur à la somme réellement payée expose les parties à des risques fiscaux et juridiques importants.

Pour l’acheteur étranger, cette pratique peut également réduire le montant officiellement reconnu comme ayant été investi au Maroc.

À la revente, il devra expliquer la différence entre les montants transférés, le prix indiqué dans l’acte et le prix du nouveau contrat.

Peut-on transférer les revenus locatifs à l’étranger ?

Oui, les revenus produits par un investissement immobilier peuvent être transférés lorsqu’ils sont régulièrement déclarés et que l’investissement bénéficie du régime de convertibilité.

Pour procéder au transfert de loyers, la banque peut demander notamment :

  • le certificat de propriété du bien ;
  • un contrat de bail ayant une date certaine ;
  • les justificatifs du financement initial en devises ;
  • les justificatifs de paiement des impôts et taxes liés aux revenus locatifs.

Le propriétaire doit donc déclarer ses loyers et conserver les contrats ainsi que les preuves de paiement.

Encaisser des locations de manière informelle, sans bail ni déclaration fiscale, peut produire des revenus à court terme, mais empêche de constituer un dossier bancaire solide.

La même prudence s’impose pour une activité de location saisonnière. Les revenus provenant d’un appartement ou d’une villa exploités à la nuitée doivent être traités selon le statut juridique et fiscal réel de l’activité.

Acheter à deux ou financer avec sa famille

De nombreux achats à Marrakech sont réalisés par un couple, des membres d’une même famille ou plusieurs investisseurs.

La répartition de la propriété doit correspondre à la réalité du financement.

Lorsqu’un acquéreur apporte 70 % du prix et l’autre 30 %, les transferts, l’acte de vente et les quotes-parts de propriété doivent être cohérents.

Les fonds envoyés depuis le compte d’un parent alors que le bien est acheté au seul nom de l’enfant doivent également être expliqués juridiquement : donation, prêt ou autre mécanisme reconnu.

Une organisation improvisée peut créer des problèmes lors d’une séparation, d’une succession ou de la revente du bien.

Le bon moment pour régler ces questions est avant le premier transfert, et non après la signature.

Un dossier à préparer avant même le compromis

La sécurisation du financement doit commencer dès que l’acquéreur décide sérieusement d’acheter.

Avant de verser un acompte, il est prudent de demander au notaire et à la banque :

  • sur quel compte les fonds doivent être transférés ;
  • quelles références doivent figurer sur le virement ;
  • quelle attestation bancaire sera remise ;
  • quels documents doivent être conservés ;
  • comment seront traités les fonds provenant de plusieurs comptes ;
  • comment le produit d’une future vente pourra être transféré ;
  • quelles règles s’appliquent si le bien est mis en location.

Cette préparation est particulièrement importante pour les acheteurs qui ne résident pas au Maroc et qui gèrent le dossier à distance.

Une transaction peut être juridiquement correcte tout en étant mal organisée sur le plan bancaire. Les deux aspects doivent être traités ensemble.

La traçabilité ne sert pas uniquement à respecter une règle

Le financement en devises et la conservation des justificatifs sont parfois perçus comme une contrainte administrative.

Ils constituent surtout une protection patrimoniale.

Un acquéreur international doit pouvoir investir au Maroc, profiter de son bien, percevoir éventuellement des revenus, puis revendre et récupérer son capital dans des conditions claires.

Cette liberté dépend moins d’une démarche compliquée que d’une discipline simple : utiliser le bon circuit bancaire dès le départ et ne perdre aucun document.

À Marrakech, les acheteurs étrangers représentent une part importante de la demande sur les villas, les riads, les appartements haut de gamme et les résidences secondaires.

Pour eux, la qualité d’un achat ne se mesure pas uniquement au bien trouvé ou au prix négocié. Elle se mesure aussi à la facilité avec laquelle l’investissement pourra être géré, transmis ou revendu.

Un beau bien avec un dossier bancaire incomplet reste un investissement mal sécurisé.

Cameron International accompagne les acquéreurs étrangers et les Marocains résidant à l’étranger dans leur recherche immobilière à Marrakech, en coordination avec les notaires, banques et professionnels compétents chargés de sécuriser la transaction.

Cet article présente les règles générales applicables en 2026. Il ne remplace pas une analyse personnalisée du dossier par une banque, un notaire, un avocat ou l’Office des Changes.

Sources

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