Pendant plusieurs années, mettre un appartement ou une villa en location courte durée à Marrakech a pu sembler relativement simple.
Il suffisait de meubler le logement, de prendre quelques photographies, de publier une annonce sur Airbnb ou Booking.com et d’organiser l’accueil des voyageurs.
Ce modèle existe toujours. Mais il change rapidement.
À Marrakech, le nombre de logements proposés à la nuitée continue d’augmenter, tandis que les autorités marocaines cherchent à mieux identifier, déclarer et encadrer une offre touristique qui s’est largement développée en dehors du parc hôtelier traditionnel.
Le marché ne se dirige pas nécessairement vers une interdiction d’Airbnb.
Il se dirige vers autre chose : une professionnalisation progressive de la location courte durée, avec davantage de concurrence, de formalités, de contrôles et d’exigences de qualité.
Pour les propriétaires et les investisseurs, la question n’est donc plus seulement de savoir combien un appartement ou un riad peut rapporter.
Il faut désormais se demander :
- si le bien peut légalement être exploité ;
- si la copropriété et la destination de l’immeuble le permettent ;
- si les revenus annoncés sont réellement soutenables ;
- si le logement restera compétitif face à une offre croissante ;
- et si l’investissement peut rester viable en cas de durcissement réglementaire.
Le marché de la location courte durée continue de grossir à Marrakech
Les données disponibles montrent une progression spectaculaire de l’offre.
Selon AirDNA, Marrakech comptait 21 986 annonces actives de location courte durée en juillet 2026, en agrégeant les logements disponibles sur Airbnb, Vrbo et Booking.com et en éliminant autant que possible les doublons entre plateformes.
Le nombre d’annonces actives aurait augmenté de 17 % en un an. Le taux d’occupation moyen atteignait environ 49 %, en hausse de 3,8 % par rapport à l’année précédente.
Ces chiffres confirment l’attractivité de Marrakech, mais ils révèlent également une réalité moins confortable pour les investisseurs.
Sur la même période :
- le revenu annuel moyen par annonce n’aurait progressé que de 0,5 % ;
- le tarif journalier moyen aurait reculé de 7,4 % ;
- le revenu par nuit disponible aurait diminué de 5,3 %.
Autrement dit, l’offre augmente beaucoup plus vite que le revenu généré par chaque logement.
C’est probablement le changement le plus important du marché.
La demande touristique reste forte, mais elle doit désormais être répartie entre un nombre beaucoup plus important d’appartements, de villas, de riads et de maisons proposés en ligne.
Marrakech accueille davantage de voyageurs, mais cela ne garantit pas la rentabilité de chaque logement
Le contexte touristique marocain reste favorable.
Au premier semestre 2026, les arrivées aux postes frontières progressaient de 6 %. Les nuitées enregistrées dans les établissements d’hébergement touristique classés augmentaient de 9 % sur les cinq premiers mois de l’année, tandis que les recettes touristiques en devises progressaient de 16 %.
Marrakech bénéficie directement de cette dynamique grâce à sa notoriété internationale, à sa connectivité aérienne et à la diversité de son parc immobilier.
Mais une augmentation du nombre de touristes ne signifie pas que tous les propriétaires gagneront davantage.
Lorsque l’offre de logements progresse plus rapidement que la demande, les voyageurs disposent de davantage de choix. Ils comparent plus facilement :
- le prix ;
- la localisation ;
- la qualité des photographies ;
- les commentaires précédents ;
- la climatisation ;
- la piscine ;
- la terrasse ;
- la connexion internet ;
- la qualité de l’accueil ;
- la propreté ;
- et la réactivité de l’hôte.
Les logements ordinaires sont alors contraints de réduire leurs tarifs ou d’accepter davantage de nuits inoccupées.
La location courte durée à Marrakech reste donc un marché important. Mais elle n’est plus un placement automatique.
Airbnb est une plateforme, pas une autorisation d’exploitation
Une confusion persiste chez de nombreux propriétaires.
Le fait qu’Airbnb ou Booking.com accepte la publication d’une annonce ne signifie pas que le logement peut être exploité sans autre vérification.
Ces plateformes assurent la commercialisation et la réservation. Elles ne remplacent ni les autorisations administratives, ni les obligations fiscales, ni les règles de copropriété, ni les normes de sécurité applicables au Maroc.
Le cadre principal repose sur la loi n° 80-14 relative aux établissements touristiques et aux autres formes d’hébergement touristique.
Cette loi a été complétée notamment par :
- le décret n° 2-23-441 ;
- les règles relatives à la télédéclaration des voyageurs ;
- les nouvelles normes de classement ;
- et plusieurs arrêtés administratifs publiés entre 2024 et 2025.
Le ministère du Tourisme présente cette réforme comme un moyen d’améliorer la qualité, la compétitivité et la visibilité de l’offre marocaine d’hébergement.
Ce que prévoit la loi marocaine sur l’hébergement touristique
La loi n° 80-14 encadre plusieurs catégories d’établissements, notamment :
- les hôtels ;
- les résidences de tourisme ;
- les maisons d’hôtes ;
- les riads ;
- les kasbahs ;
- les gîtes ;
- les pensions ;
- les campings.
Elle prévoit également d’autres formes d’hébergement touristique, parmi lesquelles le bivouac, l’hébergement chez l’habitant et certaines formes alternatives.
L’exploitation d’un établissement touristique classé est soumise à une autorisation et à des obligations portant notamment sur la sécurité, l’assurance, la qualité des installations, l’information des voyageurs et les contrôles administratifs.
La loi impose notamment aux exploitants relevant de ce régime de souscrire une assurance couvrant les risques d’incendie, le vol des effets des clients et la responsabilité civile.
Elle organise également un système de classement et de contrôles périodiques. Pour certaines catégories, ces contrôles peuvent inclure une visite dite « mystère », destinée à vérifier la qualité réelle des services proposés.
Un appartement Airbnb n’est pas automatiquement un « hébergement chez l’habitant »
La notion d’hébergement chez l’habitant est parfois utilisée pour justifier n’importe quelle location saisonnière.
Or la définition légale est plus étroite.
La loi décrit l’hébergement chez l’habitant comme une activité familiale permettant à un particulier d’accueillir des touristes dans l’habitation où il a lui-même élu domicile.
Cette catégorie correspond donc plutôt à l’accueil de voyageurs dans la résidence du propriétaire qu’à l’exploitation à distance de plusieurs appartements entiers.
Un investisseur qui achète plusieurs studios à Guéliz pour les louer toute l’année ne se trouve pas nécessairement dans la même situation qu’un particulier qui propose une chambre dans son domicile.
Cette distinction devrait prendre de plus en plus d’importance à mesure que l’administration différenciera les petits hébergeurs occasionnels des exploitants professionnels.
Le principal problème : les appartements et villas isolés entrent encore difficilement dans les catégories traditionnelles
Le cadre marocain a historiquement été conçu pour des établissements identifiables : hôtels, résidences touristiques, maisons d’hôtes, riads ou hébergements chez l’habitant.
L’explosion des logements entiers loués à la nuitée a créé une catégorie beaucoup moins simple à traiter.
Un appartement situé dans une résidence classique n’est pas automatiquement une résidence de tourisme.
Une villa louée quelques mois par an n’est pas nécessairement une maison d’hôtes.
Un riad exploité intégralement avec plusieurs chambres, du personnel et des services peut, à l’inverse, se rapprocher beaucoup plus clairement d’un établissement touristique professionnel.
En 2023, le ministère du Tourisme indiquait que les nouvelles dispositions devaient contribuer à encadrer les nouvelles formes d’hébergement et les offres diffusées sur les plateformes.
Pourtant, en 2025, plusieurs professionnels interrogés par la presse économique estimaient encore que les locations meublées de type Airbnb n’étaient pas suffisamment prises en compte par les mécanismes de classement et d’autorisation existants. Médias24 évoquait alors la préparation d’un texte complémentaire destiné à intégrer l’hébergement non classé dans le système officiel.
La situation ne peut donc pas être résumée par « Airbnb est interdit » ou « Airbnb est totalement libre ».
Le cadre légal existe, mais son application aux appartements et villas exploités individuellement reste en cours de structuration.
Peut-on louer légalement un appartement sur Airbnb à Marrakech ?
La location courte durée n’est pas interdite de manière générale à Marrakech.
Mais cela ne signifie pas qu’elle est possible dans tous les logements, sous n’importe quelle forme et sans formalité.
Avant toute mise en exploitation, plusieurs éléments doivent être examinés.
Le statut et l’usage du bien
Le titre foncier, les documents d’urbanisme et les autorisations existantes doivent correspondre à l’usage envisagé.
Une transformation importante, une extension non autorisée ou une modification de la destination du bien peut créer des difficultés indépendantes de la plateforme utilisée.
Le règlement de copropriété
Dans un immeuble, le règlement de copropriété doit être lu avant l’achat et avant la mise en location.
Il faut vérifier :
- la destination de l’immeuble ;
- l’existence d’une interdiction d’activité commerciale ;
- les règles d’accès aux parties communes ;
- les restrictions relatives aux locations ;
- et les décisions prises par l’assemblée générale.
La loi marocaine sur la copropriété impose l’existence d’un règlement organisant notamment l’usage des parties privatives et communes. En l’absence de règlement propre, un règlement type peut s’appliquer.
Affirmer qu’une copropriété ne peut jamais s’opposer à Airbnb serait donc imprudent.
À l’inverse, un syndic ne peut pas simplement inventer une interdiction sans base dans les documents de l’immeuble ou sans décision juridiquement valable.
Chaque résidence doit être examinée individuellement.
Les nuisances causées aux voisins
Même lorsque la location est autorisée, le propriétaire reste responsable des conséquences de son exploitation.
Les arrivées nocturnes, les fêtes, les nuisances sonores, les dégradations, l’utilisation abusive de la piscine ou les va-et-vient permanents peuvent provoquer des conflits avec les résidents.
Un appartement rentable sur le papier peut devenir inexploitable si la relation avec la copropriété se dégrade complètement.
Le droit du propriétaire à exploiter le bien
Une personne qui exploite un logement doit pouvoir justifier de son droit à le faire.
Lorsqu’il s’agit d’un locataire, d’un mandataire ou d’une société de conciergerie, le bail, le mandat de gestion et l’autorisation du propriétaire doivent être vérifiés.
Sous-louer un logement sans droit clair constitue un risque contractuel et juridique distinct de la réglementation touristique.
Existe-t-il une limite de 120 jours par an au Maroc ?
Non, aucune limite nationale générale de 120 jours comparable à celle appliquée en France n’apparaît dans la loi marocaine n° 80-14 ni dans les principaux textes d’application publiés par le ministère du Tourisme.
Cette information est pourtant souvent répétée sur des sites marocains qui reprennent, parfois presque mot pour mot, les règles françaises.
Il ne faut pas importer automatiquement au Maroc :
- la limite française de 120 jours ;
- le classement énergétique français ;
- le numéro d’enregistrement municipal français ;
- ou les règles de changement d’usage appliquées à Paris.
Le Maroc possède son propre cadre juridique.
Des restrictions peuvent néanmoins provenir d’une autorisation particulière, d’un règlement de copropriété, de la destination du bien, d’une décision administrative ou de futures mesures locales.
Déclaration des voyageurs : une obligation centrale du dispositif touristique
Pour les établissements et formes d’hébergement entrant dans le régime de la loi n° 80-14, les données relatives aux voyageurs doivent être télédéclarées quotidiennement.
L’exploitant doit demander une pièce d’identité, faire remplir un bulletin individuel d’hébergement et conserver les documents pendant un an afin de pouvoir les présenter aux services compétents.
Cette obligation répond à un enjeu de sécurité et de suivi statistique.
Elle devrait également jouer un rôle central dans la future régularisation des appartements et villas proposés sur les plateformes.
À terme, il paraît logique que l’administration cherche à mieux relier :
- le logement ;
- son propriétaire ;
- son exploitant ;
- les réservations ;
- les voyageurs hébergés ;
- et les revenus déclarés.
Il s’agit ici d’une évolution probable déduite des systèmes déjà mis en place, et non de l’annonce officielle d’un fichier unique déjà opérationnel pour toutes les annonces Airbnb.
Les revenus Airbnb doivent être déclarés
La perception des paiements par une plateforme étrangère ne rend pas les revenus invisibles ou exonérés.
Les loyers et recettes issus de la location courte durée doivent être déclarés au Maroc selon la qualification applicable à l’activité.
Cette qualification dépend notamment :
- du statut du propriétaire ;
- du caractère occasionnel ou professionnel de l’exploitation ;
- du nombre de logements ;
- des services fournis ;
- du recours à une société ;
- et de l’éventuel classement touristique.
Une simple mise en location immobilière ne reçoit pas nécessairement le même traitement qu’une activité organisée proposant accueil, ménage fréquent, restauration, personnel et prestations para-hôtelières.
Le Code général des impôts marocain 2026 constitue le texte fiscal de référence, mais l’application concrète doit être validée avec un comptable ou un fiscaliste à partir de la structure exacte du projet.
Présenter un « taux d’imposition Airbnb » unique serait donc trompeur.
Quelles sanctions prévoit la loi ?
La loi n° 80-14 prévoit des sanctions importantes lorsqu’un établissement ou une forme d’hébergement relevant de son champ est exploité sans l’autorisation requise.
L’exploitation sans autorisation peut être sanctionnée par une amende comprise entre 50 000 et 500 000 dirhams.
Des sanctions existent également en cas d’absence d’assurance, de non-respect des obligations de déclaration ou d’exploitation sous une catégorie différente de celle autorisée.
Ces montants ne doivent toutefois pas être utilisés pour affirmer que toute personne possédant une annonce Airbnb risque automatiquement 500 000 dirhams.
Il faut d’abord déterminer dans quelle catégorie juridique entre l’activité.
C’est précisément cette qualification des appartements et villas isolés que les futurs textes devront clarifier.
Ce qui devrait changer à partir de 2027
Le scénario le plus probable n’est pas une fermeture brutale de toutes les locations Airbnb.
Le Maroc a besoin de capacités d’hébergement supplémentaires pour accompagner la croissance touristique et les grands événements à venir.
Supprimer plusieurs milliers d’appartements, de villas et de riads proposés aux visiteurs serait économiquement difficile à justifier.
La logique devrait plutôt être celle d’une intégration progressive de l’offre informelle dans le parc touristique déclaré.
Un texte complémentaire à la loi n° 80-14 a notamment été annoncé afin de mieux intégrer les logements locatifs non classés. Les projections rapportées par Médias24 évoquaient un effet statistique significatif à partir de 2027, grâce à la prise en compte de nuitées jusqu’alors absentes des données officielles.
Cette évolution devrait probablement reposer sur plusieurs piliers.
Un régime plus lisible pour les logements entiers
Les appartements et villas proposés de manière répétée devront disposer d’une catégorie clairement définie, distincte de l’hôtel traditionnel et de l’hébergement chez l’habitant.
Sans cette catégorie, l’administration ne peut ni régulariser efficacement les propriétaires de bonne foi ni contrôler correctement les exploitations professionnelles.
Des démarches davantage numérisées
Les demandes de classement et d’autorisation des établissements touristiques sont déjà orientées vers des procédures électroniques et un traitement par les centres régionaux d’investissement.
Une procédure adaptée aux locations meublées devrait logiquement être plus simple qu’un classement hôtelier complet, faute de quoi une large partie du marché restera informelle.
Une meilleure identification des annonces
À terme, les plateformes pourraient être amenées à afficher ou vérifier une référence administrative, une autorisation ou un numéro d’enregistrement.
Cette mesure n’est pas encore établie comme une obligation générale pour toutes les annonces marocaines en août 2026.
Mais elle constitue l’un des mécanismes les plus plausibles pour empêcher la commercialisation de logements non déclarés.
Une collecte fiscale plus efficace
Lorsque les logements, propriétaires et réservations seront mieux identifiés, les revenus seront plus faciles à rapprocher des déclarations fiscales.
Les professionnels structurés seront moins exposés que les propriétaires qui encaissent depuis plusieurs années sans déclaration ni comptabilité.
Davantage de contrôles sur la sécurité
Assurance, installations électriques, gaz, accès, piscine, capacité maximale et équipements de sécurité devraient devenir des critères plus importants.
Le simple fait qu’un logement soit esthétique ne garantit pas qu’il soit adapté à l’accueil régulier de voyageurs.
La réglementation peut-elle faire disparaître Airbnb à Marrakech ?
C’est peu probable.
La location courte durée répond à une véritable demande.
Les familles, les groupes d’amis et les voyageurs effectuant des séjours prolongés recherchent souvent davantage d’espace et d’indépendance qu’une chambre d’hôtel.
Les villas, les appartements avec cuisine et les riads privatisés complètent donc l’offre hôtelière.
En revanche, la réglementation pourrait faire disparaître une partie des annonces les plus fragiles :
- logements exploités sans autorisation du propriétaire ;
- appartements incompatibles avec le règlement de copropriété ;
- biens présentant des risques de sécurité ;
- exploitants incapables de déclarer leurs revenus ;
- locations générant des nuisances répétées ;
- annonces dont la rentabilité ne permet pas de supporter les coûts de mise en conformité.
Le nombre total d’annonces peut continuer à augmenter tout en connaissant un renouvellement important des propriétaires présents sur le marché.
La location courte durée restera-t-elle rentable à Marrakech ?
Oui, certains logements resteront rentables.
Mais l’affirmation selon laquelle un appartement rapporte automatiquement deux fois plus en Airbnb qu’en location longue durée est beaucoup trop simpliste.
Le chiffre d’affaires brut doit être diminué de nombreux coûts :
- commission des plateformes ;
- conciergerie ;
- ménage et blanchisserie ;
- consommables ;
- eau et électricité ;
- internet ;
- entretien de la climatisation ;
- remplacement du mobilier ;
- réparations ;
- périodes sans réservation ;
- assurance ;
- fiscalité ;
- charges de copropriété ;
- éventuels frais administratifs.
Une location longue durée occupée douze mois peut parfois générer un revenu net plus intéressant qu’un Airbnb mal géré dont le chiffre d’affaires paraît supérieur.
L’étude de Médias24 consacrée aux investissements locatifs relevait d’ailleurs que la courte durée pouvait générer davantage de revenus, tout en demandant une gestion sensiblement plus lourde.
Les propriétaires moyens seront les plus exposés
Les données AirDNA montrent déjà une compression du tarif journalier moyen et du revenu par nuit disponible, malgré l’augmentation de l’occupation.
Cela signifie que les propriétaires acceptent probablement davantage de réservations en réduisant leurs prix.
Les logements les plus vulnérables sont ceux qui ne disposent d’aucun avantage distinctif :
- studio ordinaire dans une résidence moyenne ;
- appartement sombre ou bruyant ;
- décoration générique ;
- absence de terrasse ;
- mauvaise connexion internet ;
- accueil impersonnel ;
- photographies médiocres ;
- commentaires irréguliers ;
- emplacement nécessitant systématiquement une voiture.
Ces logements ne disparaîtront pas nécessairement.
Mais leur rentabilité dépendra davantage du prix, et donc d’une gestion très stricte des coûts.
Quels biens devraient le mieux résister ?
Les appartements centraux réellement fonctionnels
À Guéliz ou dans l’Hivernage, les appartements capables de combiner emplacement, luminosité, terrasse, ascenseur, stationnement et bonne gestion de la résidence devraient rester recherchés.
Un investisseur peut consulter les appartements à vendre à Marrakech, mais il doit analyser le règlement de copropriété avant de considérer un rendement en location saisonnière.
Un appartement adapté à la vie résidentielle n’est pas automatiquement adapté aux arrivées et départs fréquents de voyageurs.
Les riads disposant d’un dossier juridiquement solide
Les riads bénéficient d’une forte identité et peuvent offrir une expérience difficile à reproduire dans un appartement moderne.
Mais leur exploitation implique davantage de contraintes : accès, sécurité, personnel, entretien, conformité des travaux et éventuel classement.
Avant de rechercher un riad à vendre à Marrakech, il faut définir clairement s’il s’agit d’une résidence privée, d’une location intégrale occasionnelle ou d’un véritable projet d’hébergement professionnel.
Les villas bien accessibles et correctement entretenues
Les groupes et les familles peuvent générer une demande importante pour les villas avec piscine.
Mais les coûts d’exploitation sont également beaucoup plus élevés : jardin, piscine, gardiennage, climatisation, eau, électricité, ménage et maintenance.
Une villa éloignée peut afficher un tarif spectaculaire en haute saison tout en restant difficile à louer le reste de l’année.
Les logements situés dans des secteurs cohérents avec la demande
Tous les quartiers ne répondent pas aux mêmes clientèles.
La Médina, Guéliz, l’Hivernage, la Palmeraie, les domaines golfiques et les routes périphériques présentent des usages, des tarifs et des contraintes différents.
La page consacrée aux quartiers de Marrakech permet de comparer ces secteurs avant d’établir un scénario locatif.
Le bon investissement devra fonctionner sans scénario parfait
Un projet solide ne doit pas dépendre de douze mois exceptionnels, d’un taux d’occupation irréaliste ou d’une hausse permanente des tarifs.
Avant d’acheter un bien immobilier à Marrakech pour le louer à la nuitée, l’investisseur devrait établir au moins trois scénarios :
Un scénario favorable, avec une forte occupation et des tarifs élevés.
Un scénario réaliste, fondé sur les performances de logements réellement comparables.
Un scénario défavorable, intégrant une baisse des prix, plusieurs mois faibles et des coûts de mise en conformité supplémentaires.
Le projet reste sain lorsque son financement et ses charges peuvent être supportés dans le scénario réaliste, voire dans le scénario défavorable.
Lorsqu’il n’est rentable que dans l’hypothèse la plus optimiste, ce n’est pas un investissement maîtrisé. C’est un pari.
Les dix vérifications à effectuer avant d’acheter
Avant toute acquisition destinée à la location courte durée à Marrakech, il faut vérifier :
- Le titre foncier et la conformité physique du bien.
- La destination administrative du logement.
- Le règlement de copropriété.
- Les décisions récentes de l’assemblée générale.
- La procédure d’autorisation applicable au projet.
- Les obligations de déclaration des voyageurs.
- L’assurance couvrant réellement la location touristique.
- Le régime fiscal applicable.
- Les performances nettes de logements comparables.
- La possibilité de basculer vers une location moyenne ou longue durée.
Le dernier point est essentiel.
Un bon bien d’investissement doit disposer d’une solution de repli. Si la réglementation change ou si la courte durée devient moins rentable, le logement doit pouvoir être loué à l’année ou revendu sans dépendre uniquement d’une clientèle d’investisseurs Airbnb.
Quelle évolution attendre d’ici 2030 ?
D’ici 2030, la location courte durée devrait rester une composante importante du tourisme marrakchi.
Mais son fonctionnement devrait se rapprocher davantage d’une véritable activité d’hébergement professionnel.
Les évolutions les plus probables sont :
- une identification plus précise des logements exploités ;
- une meilleure distinction entre activité occasionnelle et exploitation professionnelle ;
- des procédures d’autorisation simplifiées, mais plus systématiques ;
- une télédéclaration plus large des voyageurs ;
- davantage de contrôles fiscaux et administratifs ;
- une implication croissante des copropriétés ;
- une amélioration obligatoire des normes de sécurité ;
- une concentration du marché entre les mains d’opérateurs mieux structurés.
La location courte durée ne devrait donc pas disparaître.
La location courte durée improvisée, non déclarée et fondée sur des estimations de rentabilité fantaisistes sera en revanche de plus en plus fragile.
Conclusion : Airbnb reste une opportunité, mais plus un raccourci
Le marché Airbnb de Marrakech continue de progresser, porté par l’attractivité touristique de la ville et par la préférence de nombreux voyageurs pour des logements indépendants.
Mais la hausse de 17 % du nombre d’annonces en un an, alors que le revenu moyen par logement ne progressait presque plus, montre que le marché arrive à maturité.
Les prochaines années devraient être marquées par deux mouvements simultanés :
Une demande touristique toujours importante.
Une réglementation et une concurrence beaucoup plus fortes.
Les logements bien situés, correctement autorisés, professionnellement exploités et réellement adaptés aux attentes des voyageurs pourront continuer à produire des revenus intéressants.
Les biens ordinaires, surpayés ou mal gérés subiront davantage de pression sur leurs tarifs.
Les exploitations non déclarées ou juridiquement fragiles seront progressivement plus exposées.
À Marrakech, l’avenir de la location courte durée ne se résume donc pas à savoir si Airbnb sera autorisé ou interdit.
La véritable question est désormais :
Quels propriétaires seront capables de transformer un simple logement publié en ligne en une activité rentable, conforme et durable ?
Questions fréquentes sur Airbnb et la location courte durée à Marrakech
Airbnb est-il légal à Marrakech ?
La location courte durée n’est pas interdite de manière générale à Marrakech. Sa légalité dépend toutefois du type de logement, du mode d’exploitation, des autorisations éventuellement requises, du règlement de copropriété et du respect des obligations fiscales et administratives.
Faut-il une autorisation pour louer sur Airbnb au Maroc ?
Les établissements et les formes d’hébergement entrant dans le champ de la loi marocaine n° 80-14 doivent respecter les procédures d’autorisation applicables. Pour un appartement ou une villa loué individuellement, la situation doit être examinée selon la nature, la fréquence et l’organisation réelle de l’activité.
Une copropriété peut-elle interdire Airbnb à Marrakech ?
Le règlement de copropriété, la destination de l’immeuble et les décisions adoptées par l’assemblée générale doivent être vérifiés. Certaines résidences limitent les activités commerciales, les locations répétées ou l’accès fréquent de voyageurs. La réponse dépend donc des règles propres à chaque copropriété.
Existe-t-il une limite de 120 jours par an au Maroc ?
Il n’existe pas, dans les principaux textes marocains actuellement applicables, de limite nationale générale de 120 jours comparable à celle prévue dans certaines villes françaises. Des restrictions peuvent néanmoins résulter du statut du bien, de la copropriété, d’une autorisation administrative ou d’une future réglementation locale.
Les voyageurs doivent-ils être déclarés ?
Les exploitants relevant du régime de l’hébergement touristique doivent respecter les obligations d’identification et de déclaration des voyageurs. Cela peut notamment comprendre la vérification des pièces d’identité, l’établissement des fiches d’hébergement et la transmission des informations aux services compétents.
Les revenus Airbnb doivent-ils être déclarés au Maroc ?
Oui. Les recettes issues de la location courte durée doivent être déclarées. Le traitement fiscal dépend notamment du statut du propriétaire, du nombre de logements exploités, de la fréquence des locations, des services proposés et de l’utilisation éventuelle d’une société ou d’une structure professionnelle.
Airbnb est-il encore rentable à Marrakech ?
Certains logements restent rentables, mais la concurrence augmente rapidement. La rentabilité doit être calculée après déduction des commissions des plateformes, du ménage, de la conciergerie, des charges, de l’entretien, des périodes sans réservation, de la fiscalité et des éventuels coûts de mise en conformité.
Quels logements fonctionnent le mieux en location courte durée ?
Les logements bien situés, lumineux, climatisés, faciles d’accès et professionnellement gérés sont généralement les mieux placés. Une terrasse, une piscine, un stationnement, une décoration soignée et de bons avis peuvent également améliorer les performances, sans garantir à eux seuls la rentabilité.
Faut-il acheter un bien uniquement pour le louer sur Airbnb ?
Il est préférable de choisir un bien pouvant également être loué en moyenne ou longue durée, ou revendu à une clientèle résidentielle. Un investissement dépendant exclusivement d’Airbnb est davantage exposé aux changements de réglementation, à la saisonnalité et à l’augmentation de la concurrence.
La réglementation va-t-elle se renforcer avant 2030 ?
Le scénario le plus probable est celui d’une meilleure identification des logements, d’une déclaration plus systématique des voyageurs et des revenus, ainsi que d’un encadrement plus clair des appartements et villas proposés sur les plateformes. L’objectif devrait être de professionnaliser le marché plutôt que d’interdire complètement la location courte durée.